Par rapport à ses voisines, Kientzheim a eu la chance d’être restée grandement préservée lors des combats de la Libération : 70% des maisons ont été touchées, mais seules 30% d’entre elles ont été gravement endommagées. Cette situation a permis de laisser au village un aspect presque authentique. Quelques erreurs architecturales ont été commises lors de la reconstruction, ce qui incita plusieurs personnes à intervenir pour que les restaurations à venir soient harmonieuses et respectueuses de l’image du village. D’autre part, du fait de la guerre, nombre de coutumes étaient tombées dans l’oubli et au fil du temps le besoin était réapparu de renouer avec le passé, de retrouver des racines.
La fondation
De façon informelle, plusieurs réunions avaient déjà eu lieu en 1960 et 1961, rassemblant des personnes qui ressentaient le besoin de faire bouger le village et de mettre son patrimoine en valeur. D’aucuns participaient aux activités de la Société d’Histoire de Kaysersberg. C’est ainsi que naquit l’idée de fonder une « Société d’Histoire de Kientzheim », laquelle vit le jour lors de l’assemblée générale de 1962.
Le premier comité était composé du baron Jean de Castex, président d’honneur, Joseph Schwartz, président, Henri Hobel, vice-président, Antoine Zipfel, secrétaire, Marcel Blanck, trésorier, Berthe Hauptmann, André Blanck et Léon Rohmer, assesseurs.
Le comité est renouvelé en 1977 et Henri Hobel, en devient le président. Yvan Hobel, adjoint au maire, est délégué auprès du Conseil Municipal. Il faut citer encore dans les années 80, André Herscher, héraldiste et historien, très impliqué à Kientzheim et dans la Fédération des Villes de Lazare de Schwendi, qui a participé régulièrement et activement aux travaux de la Société d’Histoire.
La sauvegarde du patrimoine
Au long de son existence, la Société d’Histoire a tenu à jouer un rôle actif – à défaut d’être majeur – dans la vie de la commune, au service de la communauté et de la mémoire du village.
Parmi les actions, on pourra citer :
- recherches historiques sur tous les bâtiments anciens en vue de l’obtention de subventions départementales et communales ;
- incitation à redonner aux maisons leur aspect d’antan (suppression du crépi, mise en valeur des colombages, choix des teintes…)
- participation (hélas pas assez sollicitée !) à la Commission d’urbanisme de la ville.
La société a mené à bien les restaurations d’un vieux lavoir sur le canal des Moulins ; d’un grand tableau lors de la rénovation de l’église paroissiale ; et surtout de la Mise au Tombeau, un ensemble de six statues en grès de Rouffach, datées du XVe siècle.
Animations à destination du public
La Société a procédé à la confection et mise en place de panonceaux explicatifs sur les bâtiments remarquables du village.
Depuis leur création, la SHK organise des visites lors des Journées du Patrimoine, en septembre. Chaque année le thème de ces visites changeait : les remparts, les châteaux, l’église paroissiale, la chapelle du pèlerinage…
Depuis quelques années, ces visites sont remplacées par une « balade aux lanternes » le samedi soir, ce qui permet de découvrir d’autres sites le dimanche.
Car en été, la SHK invite les touristes (mais aussi les gens d’ici!) à une promenade par les rues du village à la lueur de lanternes. A chaque étape, les orateurs donnent quelques explications (les remparts et leur construction, la tour des Fripons, la chapelle, le Lalli et le château de Lazare de Schwendi, le canal des Moulins). Ces visites se terminent toujours à la mairie avec un verre de tokay, le vin emblématique de Kientzheim, que Lazare de Schwendi avait ramené de Hongrie. Ce n’est qu’une légende, mais tout est fait pour la maintenir vive, malgré la venue du Pinot gris !